Antonio Tejeda Encinas, avocat, président de l’Euro-American Committee of Digital Law, CEO de Meta Channel Corp
La situation actuelle de l’Espagne nous invite à réfléchir aux divisions qui ont marqué notre pays :
Pendant longtemps, nous avons parlé des célèbres « deux Espagnes » (popularisées par Machado), une fracture idéologique qui séparait le pays en deux visions opposées. Aujourd’hui, cependant, cette division a évolué et laissé place à une troisième Espagne : celle qui lutte au quotidien contre la pauvreté et l’exclusion sociale, en particulier dans des régions comme les Canaries.
Le rapport 2024 sur l’état de la pauvreté (Informe del Estado de la Pobreza), présenté par le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN), met en évidence un fait alarmant : il n’existe pas seulement un écart entre le nord et le sud de l’Espagne, mais une grande partie de la population vit en marge du bien-être. Des régions comme les Canaries sont particulièrement vulnérables et affichent l’un des taux de pauvreté les plus élevés du pays (le deuxième, derrière la Murcie). Cette réalité ne peut être ignorée.
Le secteur public comme le secteur privé (d’autres acteurs essentiels devraient se joindre à l’effort) ont un rôle important à jouer dans la création d’opportunités pour tous, en particulier dans des régions comme les Canaries, où la lutte pour la dignité est une réalité quotidienne.
De mon point de vue, en tant qu’avocat spécialisé en droit international, CEO de Meta Channel Corporation et président de l’Euro-American Committee of Digital Law – CEA Digital Law, la première consacrée à la transformation numérique et aux stratégies d’innovation à l’échelle mondiale, le second à l’enseignement et à la recherche sur ces mêmes sujets, je suis fermement convaincu que la technologie et la numérisation sont des outils puissants pour réduire ces fractures sociales. Toutefois, la véritable innovation ne doit pas être uniquement technologique, mais aussi sociale : l’inclusion doit être le moteur de toute avancée durable que nous souhaitons mettre en œuvre.
Créer un « Forum canarien de l’innovation et de la durabilité des entreprises », où la CEOE-Tenerife (organisation patronale de Tenerife ; je lui lance le défi) ou l’APD (Asociación para el Progreso de la Dirección, qui se consacre à l’amélioration de la gestion des entreprises et au développement des cadres dirigeants et pourrait alimenter le débat ou se porter garante de l’idée)…, aux côtés d’entreprises de premier plan, examineraient comment l’innovation technologique peut s’aligner sur les objectifs de durabilité. Ce forum aborderait des thèmes comme l’intelligence artificielle appliquée au développement durable, les énergies renouvelables dans l’industrie, l’économie circulaire, le tourisme durable, l’économie bleue… Dois-je continuer ?
Quelles autres initiatives pourrions-nous développer ensemble pour réduire la pauvreté et favoriser l’innovation sociale aux Canaries ? Je suis ouvert au débat et à l’échange d’idées, et prêt à créer un think tank canarien avec celles et ceux qui partagent cette vision de l’avenir.